Les Crimes au 19° siècle

Le suicide n'en était pas un : la preuve dans les choux

En 1829 à FRONTENAY ROHAN ROHAN, un homme est retrouvé mort sur son lit. La thèse du suicide est évoquée …

Le village de FRONTENAY ROHAN ROHAN vit une matinée ordinaire en ce jour du 3 Juin 1829. Soudain, vers 10 heures, deux coups de feu retentissent d’une maison. Quelques secondes plus tard, en sort une femme de 71 ans complètement affolée. «  Mon fils s’est tué », hurle Marie POITEVIN. Très vite, l’effervescence gagne tout le village. Lorsque les premiers témoins pénètrent dans la demeure, le spectacle est des plus effrayants. Jacques MARCHETEAU, ouvrier couvreur, âgé de 40 ans, la victime, est étendu sur son lit baignant dans une marre de sang. Sa tête est « fracassée par deux balles ».

Les enquêteurs arrivent sur les lieux du drame. Peu de temps après, ils discutent avec les voisins qui leur expliquent que le malheureux s’est donné la mort. A peine les gendarmes ont-ils mis les pieds dans la chambre que l’hypothèse du suicide leur semble rapidement ridicule. Deux points posent problèmes. Comment un homme a-t-il pu se tirer deux balles dans la tête ? D’abord, compte tenu des blessures causées par le premier impact, il lui était impossible d’appuyer de nouveau sur la détente. D’autre part, le fusil retrouvé près du cadavre n’a pu être utilisé par Jacques MARCHETEAU en raison de son positionnement. Un des enquêteurs se saisit de l’arme et remarque que le fusil est toujours chargé. Placé à cet endroit pour faire illusion, l’objet n’est pas l’arme du crime.

Quelques minutes après l’arrivée des autorités, une chose semble établie : le défunt ne s’est pas donné la mort, il a été assassiné.

D’étranges allers et retours

Très vite, les soupçons se portent sur Marie POITEVIN, veuve MARCHETEAU. Tout le monde sait dans le village que l’entente entre Marie POITEVIN et son fils n’est pas au beau fixe. Ils vivent certes ensemble à l"Aumônerie près de la Grande Rue, appelée alore Rue Royale mais il semble que la mère, une simple journalière, soit jalouse de la réussite de son enfant. Depuis plusieurs mois, elle ne supporte plus de le voir dépenser son argent dans des cabarets. «  Je me doutais bien qu’il ferait cela », explique la principale suspecte à des gendarmes nullement convaincus.

Alors que les enquêteurs procèdent à l’examen des lieux du crime, marie POITEVIN semblent s’agiter autour d’eux. Elle ne cesse d’aller et venir entre la maison et le jardin. Du coin de l’œil, un officier de justice observe le petit manège. Il suit la femme hors du domicile et entreprend de soulever un tas de choux autour duquel Marie POITEVIN semblait s’attarder quelques instants plus tôt. Là, caché entre les feuilles vertes, les gendarmes trouvent un révolver en cuivre. L’arme est étrangement vide comme si elle venait d’être utilisée. Quelques jours plus tard, les experts confirment qu’il s’agit bien de l’arme du crime. Marie POITEVIN est aussitôt arrêtée.

 Face au juge d’instruction, elle ne cesse de changer de version pour se trouver un alibi. Elle explique que ce ne peut pas être elle l’assassin car elle est allée au jardin pour satisfaire un besoin naturel. Un autre jour, elle explique qu’elle était à la fontaine au moment du drame. Jacques MARCHETEAU, son fils avait un petit bien qui lui venait de sa défunte femme, Françoise FAVREAU ; il possédait notamment plusieurs milliers de francs en pièces de cinq francs, et c’est pour avoir cette somme que cette mère dénaturée tira un coup de pistolet dans la tête de son fils. Pas convaincante devant le juge, Marie POITEVIN ne le sera pas non plus face aux jurés et aux magistrats de la cour d’assises qui la condamnent à la peine de mort, le 7 novembre 1829. Son pourvoi en cassation, sous prétexte de faire retomber le crime sur gendre pourtant innocent,  est rejeté, sans égard pour sa vieillesse, le 3 décembre 1829.

Le 2 février 1830 à deux heures de l'après midi, la tête de la septuagénaire tombe sous le couperet de la guillotine à NIORT.

 

Victime du devoir

André GIRAUDEAU, le soir du 21 septembre 1868 à LA ROCHENARD, assassina son beau-frère, Jean Baptiste Marie et sa sœur, la femme GABORIT.

Ces crimes commis furent suivis d’un autre, qui intéressa malheureusement FRONTENAY.

Le 2 février 1869, le brigadier de gendarmerie de FRONTENAY, pour faire des sommations légales à GIRAUDEAU, s’avança près de la maison de la Pierrière, à MAUZE, où le criminel s’était réfugié, et le pauvre gendarme fut atteint en pleine poitrine d’un coup de feu.

Victime de son devoir, le Brigadier PERROCHEAU était blessé à mort. Il expira ce même jour à l’hôpital de NIORT, où il avait été transporté.

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