Les soeurs JUNIN

 Qui n’a pas connu l’épicerie des sœurs JUNIN ?

Cette épicerie se trouvait, au carrefour des rues de l’Ile et du Four-Grenier. Pour les voisins, les deux commerçantes étaient là « depuis toujours » et leurs méthodes de vente étaient vraiment d’un autre âge. Les sœurs avaient pris la succession de leur mère dans le petit magasin. Elles ont distribué des friandises à des générations d’enfants de FRONTENAY. S’il manquait du beurre ou du sel à la table familiale pour le dîner, on pouvait se dépanner chez elles. On pouvait venir faire un achat à toute heure et il suffisait, après la fermeture, de frapper au volet pour se faire ouvrir. Et c’est peut-être grâce à cette formule que les deux soeurs, célibataires, réussissaient à vivoter mais désiraient prendre leur retraite en cette fin d’année 1986. La personnalité des sœurs JUNIN, des commerçantes chez qui l’on avait toujours trouvé le meilleur accueil, leurs sentiments de générosité, leur appartenance à une famille de souche frontenaysienne, en faisaient des femmes appréciées et bénéficiant de la considération de tous.

 

 

 

Anecdote me concernant :

En vacances, j’allais tous les matins faire les courses quotidiennes pour ma grand-mère à TIMY mais dès qu’il lui manquait un petit quelque chose, beurre, sucre, boîte de champignons ou autre, celle-ci me disait « dis donc Pascalou, pourrais-tu aller chez JUNIN m’acheter … ». De ce pas, je prenais le vélo et passait chemin du Bief, en sens interdit, vers l’épicerie d’autrefois.

Quand je rentrais, la cloche de la vieille porte tintinnabulait, puis je me dirigeai, marchant sur le vieux parquet, vers le comptoir en bois où trônait derrière les pots en verre remplis de friandises. A gauche de la porte, se trouvait le frigo d’un autre âge où les sœurs y stockaient les denrées périssables. Sur la partie droite de la pièce, il y avait « le magasin », point de rayon, point de caddie nécessaire, tout était en évidence sur les étagères et les meubles en bois. Je profitais évidemment toujours de la monnaie pour diminuer leurs stocks de confiserie.

Je me souviens d’ailleurs d’une anecdote très coquasse. Un jour, mon oncle nous avait donné, Philippe EJNER, le fils de l’auto-école et moi, une pièce de cinq francs pour aller acheter chez JUNIN, « de la graine de bois de lit ». Enfourchant nos vélos, nous avions demandé fièrement à la vieille demoiselle sur place, une boîte de cette graine de bois de lit, sans aucune idée de son utilité.

La brave demoiselle nous répondit « Ah ben, mes p’tits gars, j’crois bien que vous vous êtes faits avoir, vous voulez peut-être des bonbons ? ». Ce que nous fîmes et nous rentrâmes avec, à l’arrivée, des rires et des moqueries.

Sous-pages :

Créer un site gratuit avec e-monsite - Signaler un contenu illicite sur ce site