Le Château DAITZ

Près du village du Pont, commune de FRONTENAY, dans une partie marécageuse de la contrée, existait jadis, au lieu dénommé « Châteaudet » (ancien château), cadastré n° 1844 au Plan Napoléonien, une ancienne Motte Féodale, qui fut transformée en château, au Moyen Age. Ce Castel rustique fut détruit à la fin du 18° siècle, et il n’en restait, en 1909, que sinon l’emplacement encore entouré de douves (fossés) et recouvert à cette époque de broussailles et bois, qui étaient ceux de l’ancienne motte seigneuriale, avec entrée au sud. Ces fossés, au moment de la confection du cadastre Napoléonien, avait une largeur de sept mètres environ. Les fossés étaient alimentés par des rigoles qui empruntaient leurs eaux à « La Mère », la petite Rivière qui coule dans ces parages et passe ensuite à Fougery.

Le château devait son nom à la famille noble des DAITZ, qui le posséda jusqu’aux environs de la Révolution.

La famille DAITZ, venue du Périgord vers 1560, habita tout d’abord Gautret, pendant qu’elle faisait construire sur le territoire de la paroisse de FRONTENAY, un logis entouré de douves, qui fut appelé « Château-Daitz ». On ne sait pas pour quelle raison cette demeure fut totalement démolie, à la fin du XVIII ème siècle ; les matériaux servirent, dit-on, à construire le Château d’EPANNES. Les DAITZ portèrent, en effet, le titre de Seigneurs de Gautret, du Château-Daitz et d’EPANNES.

A l’extérieur de l’église de FRONTENAY, dans le mur du nord, près de l’angle le plus rapproché de la grande porte, les maçons utilisèrent, comme pierre de taille, une tombe plate, qui portait encore cette inscription :

CY GIST LE CORPS DE DAMOYSELLE MARIE DAITZ AGE DE MOI QUI DECEDA LE 11 NOVEMBRE 1607

Vraisemblablement, cette dalle funéraire faisait partie du pavé de l’église, dans la nef actuelle de Saint-Joseph, que les anciens de la paroisse appellent encore « nef de Saint-Nicolas ». On trouve, en effet, dans les documents donnés par Monsieur DE CUGNAC à la Société Historique des Deux Sèvres, deux exemplaires d’une même pièce, où il est bien stipulé que la noble famille DAITZ jouissait au XVIII ème siècle, du droit de se faire enterrer dans l’église, en la chapelle « appelée Notre-Dame du Puy, autrement Saint-Nicolas ».

Voici maintenant le résumé de la pièce dont il vient d’être question :

Le 15 janvier 1673, après la messe et devant la porte de l’église de Saint-Pierre de FRONTENAY, Gabriel DAITZ, écuyer, seigneur de Gautret, demeurant dans son Château-Daitz, offre de donner à la Fabrique, chaque année, 4 livres 19 sols 6 deniers, qui proviennent d’une rente à lui due par Armand AMICHAIN, de SAINT JEAN D’ANGELY, pour des terres que possédait à SANSAIS, Louise ROY, épouse de Armand MAICHAIN.

Au payement de cette rente, Gabriel DAITZ met une condition : il veut jouir pour lui, ses enfants et ses successeurs, seigneurs du Château-Daitz et du Pont de Cesse, du droit de sépulture dans l’église de FRONTENAY « en la chapelle qui est en la dite église, appelée Notre-Dame du Puy, autrement Saint-Nicolas, avec droit de mettre et placer un banc en icelle chapelle en laquelle René DAITZ, vivant écuyer, sieur de Gautret, son père et ses enfants sont enterrés ».

Déjà pour cette raison « le sieur Gabriel DAITZ aurait fait don à la dite église d’un grand tableau du Saint-Rosaire, au bas duquel ses armes sont établies ». La condition exigée par Gabriel DAITZ fut consentie et la rente acceptée.

L’acte fut passé par devant Maître Thomas MOYNE, notaire sous la cour du scel établi au combat pour très haut et très puissant prince monseigneur François DE ROHAN, prince de Soubise, duc de FRONTENAY, Comte de ROCHEFORT, Capitaine-Lieutenant des gens d’armes de la garde du Roi.

Lorsque Blaise DAITZ, fils de Gabriel, fut mort, sa veuve fit placer deux fauteuils dans l’église de FRONTENAY « au lieu où les seigneurs de Château-Daitz avaient droit de placer leur banc » et les fit attacher avec des crampons de fer. Mais après qu’elle fut partie de ROHAN-ROHAN, ces fauteuils furent enlevés, déposés dans la sacristie et remplacés par un banc appartenant aux Confrères de la Chapelle de Saint Nicolas.

Et même, depuis l’acte passé le 15 janvier 1673, ratifié, homologué et approuvé, le 13 septembre de la même année, par Monseigneur l’Evêque de SAINTES dont dépendait FRONTENAY, il n’y eut aucun seigneur de Château-Daitz enterré dans cette chapelle.

Aussi, M de BOISSEUIL, Seigneur du Chateau-Daitz, par suite de son mariage avec Angélique DAITZ, demanda qu’il ne pouvait pas être dispensé de payer à l’église de FRONTENAY, les rentes promises par Gabriel DAITZ, ainsi que les arrérages qui étaient dus depuis quelques années et s’il ne pouvait pas aussi renoncer aux droits qu’il avait en cette Chapelle de Saint Nicolas.

Et il fut répondu : « On ne peut se dispenser de payer cette rente, mais aussi il faut que M DE BOISSEUIL soit indemnisé du champ que M Le Prince de ROHAN ROHAN a donné à la fabrique qui est dans la sensive du Château-Daitz, à cause du fief Bérard ».

La Seigneurie d’EPANNES, appartenait à la famille noble des ROULIN, au moment de la révolution. Madame ROULIN née DAITZ était la dernière de cette maison, des seigneurs de Château-Daitz.

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