Description de L'Eglise SAINT PIERRE

L’église Saint-Pierre était celle du prieuré fondé, en 1015, par la Vicomtesse Adegarde ou Hildegarde, épouse de Guillaume IV, duc d’Aquitaine.

L’église fut citée pour la première fois en 1111 dans une charte de l’abbaye de NOUAILLE qui, placée sous la protection des Comtes de Poitou, nommaient les curés de FRONTENAY.

L’église Saint Pierre fut édifiée entre le XI° et le XII° siècle. Le clocher fut achevé au XII° siècle, du temps d’Eustache CHABOT, dame passionnée pour l’architecture, qui avait la réputation de faire surgir de splendides églises comme le fit, dans sa légende, la fée Mélusine. De cette époque, subsistent aujourd’hui le clocher roman et deux travées de la nef.

Pillée et détruite en grande partie en 1346, au début de la Guerre de Cent Ans, par les hommes de Lord DERBY, Duc de LANCASTRE, qui ravagèrent le Poitou, l’église fut restaurée, au XV ème siècle, entre 1451 et 1466, par les évêques successifs de SAINTES, Louis et Guy de ROCHECHOUART dont les armoiries sont visibles sur la façade du clocher. Par autorisation royale, le village alors fut fortifié et l’église dotée d’une bretèche au clocher. Elle fut gravement endommagée, un peu plus d’un siècle plus tard, en 1569,  par un incendie perpétré par les protestants, durant les Guerres de Religion.

La partie occidentale - la nef – ne fut pas relevée : les hautes voûtes gothiques s'effondrèrent. Elles furent remplacées en 1635 par de simples plafonds. L'église fut reconstruite en s'étendant à l'est sous la forme d'une vaste salle rectangulaire divisée en trois vaisseaux et se terminant par un chevet plat à trois grandes verrières. Le chevet plat était fréquent dans les reconstructions de cette époque. Il était plus simple techniquement et moins coûteux à réaliser que les chevets en hémicycle romans. Il subsiste comme témoins les arcs formerets à la tracée du chœur, des départs de voûtes, quelques culots sur les murs goutterots mais la structure gothique est désormais incluse dans de massifs et laids piliers carrés qui isolent le vaisseau central des collatéraux, aménagement fort regrettable pour les célébrations de la communauté paroissiale.

Au début du XVIII ème siècle, une partie de la charpente s’écroula et le clocher menaça ruine, il fut restauré en 1790.

Dépourvu de voûte et divisé en trois vaisseaux, c’est donc un vaste édifice rectangulaire. Ses piliers carrés aux sculptures érodées supportent des arcades gothiques. Ainsi, de l'extérieur, l'église a l'aspect du gothique flamboyant avec ses murs ouverts de grandes baies à remplages et renforcés de nombreux contreforts.

De l’église romane subsiste, éclairant l’extrémité du bras sud du transept, la partie supérieure d’une fenêtre. De cette même époque romane, date le clocher qui constitue la partie la plus intéressante de l’édifice et qui devait s'élever sur le bras sud du transept. Il a été bâti au-dessus d’une coupole à peu près semblable à celles de PRAHECQ, d’EPANNES et de SAINTE-PEZENNE.

A l’extrémité du bras méridional du transept, le portail en plein cintre date de la restauration de l’église au XV ème siècle. Cet élégant portail de style gothique flamboyant a malheureusement souffert des injures du temps dans la mesure où la qualité des matériaux du XV ème siècle était bien inférieure à celle des XI et XII ème siècles. Il est encadré par deux arcades en cintre brisé, des vestiges de feuillages et de ronces subsistent dans les gorges de son embrasement. Ses trois arcs aux accolades en contre-courbes sont surmontés de pinacles.

La construction du porche gothique a en partie masqué la fenêtre romane précitée au-dessus de laquelle, sur un mâchicoulis, deux marmousets, à figures d’anges, tiennent chacun un écusson armorié des ROCHECHOUART : « Ondé d’argent et de gueule, de six pièces ». Clocher et façade ont été classés monuments historiques en 1903. L’intérieur de l’église a été entièrement restauré et rénové en 1980.

A gauche des mâchicoulis de l’église, on voit un bel encadrement, orné de feuilles de vignes, qui enclave encore, comme autrefois, le cadran de l’horloge. Les aiguilles en pouvaient être avancées ou retardées par un regard, surmonté  par les deux anges. Plus bas, un cadran solaire des plus frustres servait à régler l’heure de l’horloge.

Trois prieurs-curés y ont été enterrés. On y voit la plate-forme de Barbe PIET, décédée le 3 septembre 1686, âgée de 42 ans, enterrée en l’église de FRONTENAY le 2 octobre 1702. Elle était épouse de Jacques FRADET, seigneur de Saint-Denis, avocat au parlement de PARIS, Echevin (Maire) et Capitaine de NIORT de 1679 à 1680. Sa pierre tombale de Barbe PIET est encore partiellement lisible, mais sa disposition actuelle montre bien qu’elle a été déplacée ; elle se situe, à présent, au pied du pilier nord ouest du clocher. Une notice sous verre la signale désormais à l’attention des visiteurs.

Il faut noter que le clocher n’était que la dépendance d’une église, aux murs très épais, et aussi vaste que celle d’aujourd’hui. La place forte aussi fut entourée d’une double rangée de murailles, en pierres de taille identiques, comme le révélèrent les soubassements exhumés à différentes reprises.

Le mortier de ces constructions contenait une forte proportion de sable fin comme on a pu le constater le 23 novembre 1919, en plantant un marronnier devant la porte-ouest de l’église. L’église se prolongeait donc à l’ouest, mais ne s’avançait pas à l’est aussi loin qu’aujourd’hui.

Le clocher, qui est carré, a ses quatre faces orientées avec précision ; Sud, Nord, Ouest et Est. Très exactement orientées, les quatre faces sont chacune percées de deux baies, romanes au sud, proches du gothique pour les autres. Chaque façade comprend quinze colonnes, dont huit ornent les joues d’embrasures des fenêtres, six assemblées par paires s’élèvent jusqu’au toit, tandis que les quatre angles sont soutenus par d’autres colonnes, couronnées comme toutes les autres, de chapiteaux parés de feuillages ou de fruits. Vingt modillons, aux figures expressives et allégoriques, soutiennent l’entablement. A l'intérieur, le clocher est voûté d'une coupole sur pendentifs.

Il est bon aussi de remarquer que tous les alentours de l’église sont desservis par des chemins en cercles parallèles, qui représentent les anciens chemins de ronde établis autour de la citadelle.

Des peintures ont été ajoutées dans toute l'église et particulièrement aux fonts baptismaux et au mur du chevet. Les autels des collatéraux étaient dédiés à la Vierge, à droite, à saint Nicolas, à gauche. Aujourd'hui la statue de Marie médiatrice, les bras étendus et foulant le serpent, est sur l'autel du collatéral nord. Un retable en trompe-l’œil est peint derrière Marie. L'Enfant Jésus est placé au-dessus de l'autel du collatéral sud, entouré de sainte Radegonde, qui porte la couronne, le sceptre et le livre, et du Sacré Cœur. Dans la partie centrale du chœur, une fausse boiserie est peinte de scènes associant la Passion et la Mère des douleurs :

Au chevet, à droite, une verrière est consacrée à Sainte Anne et Marie. Au mur nord, à côté du Reniement de Pierre, un vitrail réunit Saint Hilaire, Saint Gaudent et sainte Macrine. Jean-Baptiste est au-dessus de la porte occidentale. La Vierge à l'Enfant - due au toulousain Charlemagne - et le Christ Sauveur tenant un livre qui porte l'inscription "Je suis la voie, la vérité et la vie" (Jean 14, 6) sont au mur sud.

La réforme liturgique de la seconde moitié du XXe siècle a placé un autel porté par quatre petits pieds à l'avant du chœur. La porte d'un confessionnal moderne remploie la grille de communion de 1816. Les statues modernes de Saint Joseph, à l'ouest, de Thérèse de l'Enfant Jésus, de Notre-Dame de Lourdes et une Pietà, au nord, de Jeanne d'Arc et d'Antoine de Padoue, au sud, témoignent de dévotions populaires toujours vivantes. 

L’église a également en héritage les œuvres de son curé de 1846 à 1859, Auguste Constant BOINOT (voir rubrique "Personnages") par l’intermédiaire de vitraux et par la sculpture du SAINT PIERRE de la porte principale.

Il est à noter que, pendant la seconde Guerre Mondiale, les allemands se servaient du clocher de l'église SAINT PIERRE comme observatoire pour surveiller le secteur de MARANS à la jumelle.

Intéressante, complexe, déroutante, l'église de FRONTENAY illustre les heurs et malheurs d'une longue histoire.

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