FRONTENAY à la Renaissance

François de MAILLE mourut à MAILLE en 1501, mais conformément au testament de son père, il dut, de son vivant, le 30 septembre 1490, restituer la seigneurie de FRONTENAY à son frère Hardouyn X. 

Toujours en 1501, Hardouyn X vendit, sa seigneurie de MAILLE, mise aux enchères pour une somme supérieure à treize mille écus, avec FRONTENAY inclus, à Pierre de ROHAN, Maréchal de France, second fils de Louis de ROHAN, Seigneur de GUEMENE et de Marie de MONTAUBAN.

Messire Pierre DE ROHAN, premier du nom, très haut et puissant seigneur était chevalier de l’ordre du Roy, seigneur de GYE, du VERGER, de PORHOET, du PLESSIS, de MARIGNE, de BAUGE et d’HAM, Comte de MARIE, de PORCEAU, de BAR SUR AUBE et en partie de SOISSONS, vicomte de VIRE, seigneur de BEAUREVOIR et d’OISY, baron de FRONTENAY et Maréchal de France. Veuf en premières noces, il avait épousé en secondes noces, le 15 juin 1503, Marie d’ARMAGNAC, Comtesse de GUISE dont il eut trois enfants (Pierre II, Charles, seigneur de GYE et François successivement abbé de SAINT AUBIN D’ANGERS, archevêque de LYON). Il mourut à PARIS, le 22 avril 1513, et fut enterré en l’église de Sainte-Croix du VERGER, en Anjou, dans un couvent qu’il avait fondé. A sa mort, son fils, Pierre DE ROHAN II, lui succéda comme seigneur de FRONTENAY.

Le 7 septembre 1517, Pierre II DE ROHAN, par son mariage avec Anne DE ROHAN, sa cousine au quatrième degré, fille de Jean II, Vicomte de ROHAN et de Marie DE BRETAGNE, devint le fondateur de la famille des ROHAN-ROHAN, seigneurs de FRONTENAY ;  les enfants, René et Claude DE ROHAN, nés de cette union, étaient, en effet, ROHAN par leur père et ROHAN par leur mère.

A la désastreuse bataille de Pavie au mois de février 1525, Pierre II venait de trouver la mort, sa veuve fut prise en pitié par Marguerite DE VALOIS, sœur de François 1°. Très éprouvée, elle-même, par la captivité du Roi, Marguerite voulut devenir tutrice honoraire de René et Claude DE ROHAN, encore enfants ; elle fit plus, lorsqu’elle eut épousé Henri D’ALBRET, en février 1527, et fut ainsi devenue Reine de Navarre, elle fit venir, à sa cour de NERAC, Anne DE ROHAN et ses enfants, qu’elle avait en singulière affection.

Dès que François 1° fut sorti de la prison de MADRID, elle le mit au courant de leur situation et obtint, en février 1527, « une mainlevée » des terres en faveur de la jeune veuve, qui put aussi acheter du Roi le Vicomté de CARENTAN ; dans l’acte de vente la protégée de la reine de Navarre est qualifiée Vicomtesse DE ROHAN, Comtesse de PORHOET, Dame de LEON et de FRONTENAY.

Marguerite DE NAVARRE estimait beaucoup René DE ROHAN, qui était du reste doué des plus belles qualités ; pensant en même temps à la jeune sœur de son mari, Isabelle D’ALBRET, elle se prit à rêver pour eux s’une alliance qui se réalisa le 16 août 1534.

Le jeune seigneur de FRONTENAY qui avait vu CALVIN, protégé de la Reine de NAVARRE, à la cour de NERAC et s’était entretenu avec lui, embrassa t’il dès cette époque les doctrines hérétiques ? Peut être, cependant, il est à supposer qu’en se rangeant du côté de ceux qui critiquaient l’Eglise, il continua encore à suivre les point essentiels du culte catholique. Ses cinq enfants, qui devinrent tous calvinistes, comme une grande partie des seigneurs de l’époque, furent très probablement baptisés d’après le rite catholique.

Il est même à croire que la naissance et le baptême du second de ses fils, Jean DE ROHAN, fut pour notre église de FRONTENAY, l’occasion de fêtes splendides, dont il nous est resté un précieux souvenir. Notre vieille cloche porte en effet cette inscription :

LAN MIL CCCCC XXXVII – G.R.S.I. BAPTISTA. ORA PRO NOBIS DEUM etc…

C'est-à-dire : Saint jean Baptiste, priez Dieu pour nous.

Or, l’année 1537 est précisément la date de naissance du second fils de René DE ROHAN, auquel fut donnée la seigneurie de FRONTENAY et qui reçut le prénom de Jean, en même temps que notre cloche.

L’église de FRONTENAY fut incendiée le 29 juin 1569, par les troupes calvinistes de PLUVIAULT. Le Baron de ROHAN, Seigneur de FRONTENAY, ayant renié la foi catholique, son exemple fut suivi par la plupart des châtelains, ses vassaux, notamment par les seigneurs de la ROCHENARD, du BOURDET, d’EPANNES, de FORS … qui se mirent à piller et à brûler les églises. Pendant les deux terribles années 1568 et 1569, à BESSINES, SAINT SYMPHORIEN, EPANNES, SANSAIS, ARCAIS, LE VANNEAU, il ne resta plus que les murs calcinés des édifices catholiques, les voûtes s’étant écroulées sous l’action du feu qui avait consumé les toitures et les boiseries de l’intérieur des chapelles et des églises. En ces années douloureuses, sur le territoire de FRONTENAY, les chapelles des Bobins, de la Maronne, de la Motte-Sainte, de Fougerit, de Sainte-Catherine au Pont, de Notre-Dame de Pitié à Bassée, furent ruinées de fond en combles, ainsi que le Prieuré de Saint Gaudent, où on retrouva, en 1913, de nombreux ossements humains dans la couche de cendre, laissée par l’incendie.

En 1596, on lit dans les protocoles de Maître Jean JOUSSELIN, notaire-juré, que le 25 juillet Jacques GAULTIER, receveur de la Baronnie de FRONTENAY, traite avec Antoine RICHARD, Maître-Maçon à CHAMPDENIERS, pour que soit rehaussée de deux étages, la tour de FRONTENAY. Moyennant le prix de cent écus-sols, Richard devra établir dans la chambre basse, un petit cachot, refaire les cheminées dans les chambres et construire un escalier jusqu’au dernier étage. Un autre acte du 22 juillet 1596, traite de la réfection de la charpente de cette tour, pour la somme de cinquante écus-sols.

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