FRONTENAY au 19° siècle

FRONTENAY et NAPOLEON BONAPARTE

Le soir du 6 août 1808, NAPOLEON arrive à FRONTENAY.Sa majesté est accompagnée de l’Impératrice Joséphine et, au milieu de la garde impériale, l’escortent le Prince de Neuchâtel, le Duc de Frioul, Monsieur DECRES, Ministre de la Marine, les Généraux BERTRAND, NANSOUTI, ORDENER et Monsieur DUPIN, préfet des Deux-Sèvres, qui est allé à la limite de son département présenter ses hommages au souverain.

L’Empereur revient d’Espagne, s’acheminant vers PARIS, à petites journées, pour mieux savourer la joie que lui procurent les ovations enthousiastes de ses sujets. On l’a fêté à MAUZE et il a été ardemment acclamé à EPANNES, dont le bourg était tout fleuri et enguirlandé.

A FRONTENAY, une foule considérable, accourue de tous les environs, s’est jointe aux habitants, tous endimanchés. Ce peuple forme, de chaque côté de la route, à partir de l’Aumônerie, une haie compacte, qui fait aussitôt silence à la vue d’une estafette venant, bride abattue, d’EPANNES pour annoncer l’arrivée de Sa Majesté. Peu après, retentit le cri : « Vive l’empereur ».

On l’accueille chaleureusement et on l’acclame avec un entrain indescriptible jusqu’à l’Arc de triomphe monumental qui a été élevé près de la maison du maître des Postes. NAPOLEON s’arrête là complaisamment et exprime sa satisfaction à Monsieur DELABOUTERIE, Maire de FRONTENAY, de l’élégante construction érigée en son honneur. Il paraît charmé du compliment joliment bien tourné que lui lit une jeune fille et répond, avec bienveillance toute paternelle, à l’allocution fièrement patriotique du Maire.

Mais le temps est mesuré et c’est avec grand regret qu’on voit l’Empereur se remettre bientôt en marche dans la direction de NIORT

Sept ans plus tard, le matin du 3 juillet 1815, dans une voiture sans escorte et fermée, le monarque parcourait, en sens contraire, la route sur laquelle on l’avait jadis complimenté avec tant d’enthousiasme. Il venait d’abdiquer après sa défaite de WATERLOO. Et maintenant, de toute la vitesse de ses chevaux, il franchit en quatre heures, les quinze lieues qui séparent NIORT et ROCHEFORT en traversant FRONTENAY à toute allure.

 

Le passage du Prince-Président

Accueilli en octobre 1852, à la limite de la Charente-Inférieure, par le Préfet des Deux-Sèvres Monsieur BOURDON, le Prince -Président Louis Napoléon BONAPARTE fit halte à FRONTENAY où un arc de triomphe avait été dressé en son honneur.

Acclamé par 5 000 hommes aux cris de « Vive l’Empereur ! » et salué par le maire Monsieur LAIDIN-LA-BOUTERIE, il remit une décoration à un vétéran des guerres du Premier Empire. Aux sœurs CHAIGNEAU qui lui avaient offert un bouquet d’immortelles, il fit cadeau d’une broche et de pièces d’or. Il décora de la légion d’honneur un sieur VINET, vétéran des guerres Napoléoniennes.

     

La Mission de 1858 

En 1858, un magnifique cortège vint planter, pour clôturer une Mission en 1826, une Croix monumentale au cimetière. Cette Croix a eu toute une histoire :

Quelques malfaiteurs la renversèrent pendant la Révolution de 1830, c’est alors qu’on la transporta dans l’église pour y être mise à l’abri ; elle y resta jusqu’en 1858. A cette époque, elle fut reportée solennellement au cimetière, à l’occasion d’une autre Mission, qui fut prêchée par Monsieur Maurice ROBERT, chanoine titulaire de la cathédrale de POITIERS et pénitencier du diocèse.

C’était pendant que Monsieur l’abbé BOINOT était curé de FRONTENAY. Doué d’un talent artistique très apprécié, cet excellent prêtre avait déjà sculpté la porte de l’Est du cimetière lorsqu’il se mit à construire, à l’ouest, une chapelle funéraire, destinée à l’inhumation des curés de la paroisse. C’est au-dessus de cette chapelle que, le 21 novembre 1858, fut érigée la Croix de 1826.

Pour cette cérémonie, on organisa encore un imposant cortège, qui comprenait la presque totalité des habitants de la paroisse et un grand nombre de personnes, accourues des paroisses voisines. Venait ensuite la Croix, portée à l’épaule par 28 hommes. Les pompiers et les gendarmes en grande tenue, escortaient les porteurs et, derrière eux, suivaient les fonctionnaires, la municipalité et le clergé.

Plus tard, en 1896, cette Croix, détériorée par les intempéries, fut enlevée du cimetière et reportée de nouveau à l’église où elle a été utilisée, en majeure partie, pour consolider l’autel du Sacré-Cœur.

Quant à la chapelle funéraire du cimetière, elle fut démolie en cette même année 1896, et c’est sur son emplacement, que fut ouverte la grande porte du chemin de VALLANS.

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