FRONTENAY au Moyen Age

La châtellenie de FRONTENAY appartenait, vers 1220, à Hugues X de LUSIGNAN, Comte de la Marche, s’intitulant premier Baron de Saintonge. Afin de mieux protéger son indépendance, il entreprit de fortifier son château. Il y résidait avec d’autant plus d’agrément que son frère était religieux Bénédictin dans le prieuré du bourg. FRONTENAY avait été doté par ses soins d’un puissant système défensif. Derrière de profondes douves, sa double ceinture de murailles était pourvue de hautes tours crénelées dont les saillants, à angles aigus permettaient aux arbalétriers de bien ajuster leur tir. Le moine anglais Mathieu PARIS (décédé en 1252) et le moine français, Guillaume de NANGIS (décédé en 1300), à peu près du même temps, disaient que « FRONTENAY était un château très fortifié, entouré d’une double enceinte de murailles que soutenaient de très fortes et grosses tours ».

Les LUSIGNAN venaient de fortifier ainsi cette place pour parer à toute éventualité et pour qu’elle fut en mesure de soutenir un long siège. Entre les villes de NIORT et de LA ROCHELLE, alors possédées par le Roi d’Angleterre et convoitées par le Roi de France, Hugues de LUSIGNAN hésitait à prendre parti. Isabelle d’ANGLETERRE née TAILLEFER, sa deuxième épouse, veuve de Jean SANS-TERRE et mère du Roi d’Angleterre, réussit à l’entraîner, contre ses préférences personnelles, dans le parti anglais.

C’était à FRONTENAY qu’étaient postés les partisans d’Hugues DE LUSIGNAN, qui harcelaient sans cesse les habitants de la ville de NIORT. Le Sénéchal anglais Geoffroy de NEVILLE avait adressé des remontrances à Hugues DE LUSIGNAN et avait fait faire une enquête minutieuse sur les exactions qu’exerçait sa garnison de FRONTENAY contre les bourgeois de NIORT. C’est une vraie souffrance pour NIORT tant et si bien que le maire, en septembre 1220, se décida encore une fois à écrire  à Henri III pour lui demander de recourir au Pape en faveur de sa ville en lui invoquant de « réprimer par son secours les malfaiteurs qui nous oppriment ».

Ces exactions, indignes d’un seigneur de haut rang, lui valurent également les reproches de l’évêque de Saintes qui obtint à son encontre, du Pape Honorius III, une bulle d’excommunication. Cette intervention énergique et immédiate aboutit à un peu de calme pour la ville de NIORT d’autant plus que cette excommunication produisit bien vite l’effet salutaire attendu. Hugues de LUSIGNAN, en effet, tombé dangereusement malade en novembre 1220, eut peur de mourir excommunié : Il céda sur tous les points et conclut une trêve qui dura deux ans.

Malgré cette trêve et la maladie, Hugues n’oubliait pas sa place de FRONTENAY, qu’il continuait à fortifier et à aménager pour qu’elle fût complètement à l’abri des plus forts coups de main. En effet, pour permettre à Hugues de LUSIGNAN de continuer ses intrigues contre les Niortais et les Rochelais, et conséquemment à son beau-fils, le Roi d’Angleterre, il lui fallait un point d’appui inexpugnable : il l’établit à FRONTENAY. En homme de guerre avisé, il sut habilement tirer parti de la colline sur laquelle était bâtie cette bourgade. Il y éleva une redoutable forteresse aux puissantes murailles, entourées de douves constamment remplies d’eau, grâce aux sources abondantes qui les alimentaient.

A la fin de l’année 1220, la forteresse était terminée. La double enceinte de murailles crénelées que dominait notre beau clocher, construit depuis de longues années, était flanquée de tours solides et élevées, si rapprochées les unes des autres, que les flèches des arbalétriers s’entrecroisaient et rendaient inefficaces tous les efforts de l’ennemi et donc capables de résister longtemps aux plus violents assauts. Dans la direction de LA ROCHELLE, côté Sud et Ouest, les hautes murailles hérissées de créneaux étaient soutenues de tours élevées qui ne laissaient aucun point vulnérable aux sapes qu’aurait pu tenter de faire l’assaillant. Au Sud-Est, un pont-levis, protégé lui-même par un saillant avancé, n ‘était abaissé que pendant les jours de calme devant les personnages au sujet desquels on n’avait rien à redouter. La superficie de cette forteresse était assez vaste pour contenir tous les établissements nécessaires au seigneur, à ses administrateurs, au clergé et à la garnison. L’habitation du seigneur était le château proprement dit. Le corps de garde et les autres soldats de la garnison (environ 50 hommes) étaient logés dans les dépendances du pont-levis ainsi que dans les tours de guet.

En 1224, Louis VIII, Roi de France, visita FRONTENAY, la place forte de son nouvel allié Hugues de LUSIGNAN qui y résidait mais les alliances et mésalliances incitèrent Hugues de LUSIGNAN, quelques années plus tard, à se rallier à Henri III d’Angleterre.

Alphonse de POITIERS, Comte du Poitou que Hugues de LUSIGNAN, son vassal, était allé insulter dans son propre palais, décida de le punir. Avec l’appui de Louis IX, Roi de France, son frère, il alla assiéger FRONTENAY en mai 1242.  Mais tandis que la population de la campagne était ainsi en proie à la plus grande frayeur, Geoffroy DE LUSIGNAN, fils de Hugues, s’était retranché derrière les épaisses murailles de FRONTENAY, avec quatre cents chevaliers, qu’une forte garnison avait mission de soutenir. Il organisa rapidement tout ce qui était nécessaire pour résister à un siège de très longue durée. En effet, des quantités considérables de vivres furent accumulées dans l’enceinte des fortifications pour nourrir la garnison, les chevaliers et la population qui s’y était réfugiée.

De son côté, LOUIS IX dit SAINT LOUIS, sachant que FRONTENAY pouvait lui opposer une résistance opiniâtre, qui le retarderait dans sa marche contre Henri III, vint, nous disent les chroniques contemporaines, « avec tel nombre de gens si grande armée de peuple et à si grand multitude à pied et à cheval, que la terre en était couverte. En sorte que poitevins et gascons, coupant vignes et arbres à fruits, labourant prés et moissons, brûlant fours, bouchant puits et citernes, empoisonnant sources et fontaines, s’enfuyaient épouvanté à l’approche du vainqueur, ne pesant nullement à l’arrêter. La ville fut investie de telle sorte que personne ne put ni en sortir, ni y rentrer. Sur les ordres des ingénieurs de l’armée royale, les plus beaux arbres de la contrée furent abattus et transportés près du camp ; on en construisit des tours roulantes d’une hauteur colossales, qui furent conduites près des murs de la ville. Du haut de ces tours, les pierriers et les arbalétriers devaient accabler, d’une grêle de traits et de pierre, les machicouliers et les soldats qui ne pourraient plus être protégés par les créneaux des murailles.

Quinze jours durant, la forteresse résista, avec courage et fierté, aux assauts répétés des troupes royales. A cette vue, les assiégés se défendirent corps et âmes et se rendirent parfaitement compte du danger qui les menaçait ; alors, sans attendre la nuit, un groupe des plus braves sortit de la place et se précipita sur les tours des assiégeants, qu’ils incendièrent et culbutèrent, tandis que du haut des murailles, la garnison lançait d’innombrables traits sur les troupes du Roi. Ceux qui, sous la protection de leurs machines, tentaient déjà d’escalader les murs de la ville, furent refoulés et précipités dans les douves et les fossés. Mais un jour qu’ils visitaient les postes et encourageaient leurs soldats pour le prochain assaut, la guette du donjon de FRONTENAY reconnut Alphonse de POITIERS, tendit son arbalète et ajusta le Prince qui fut blessé au pied par la flèche. Grièvement blessé, le Comte tomba dans les bras du Roi SAINT LOUIS avec lequel il inspectait les travaux, les engins et les postes de leurs soldats.

Sur ces entrefaites, le Roi d’Angleterre, tout récemment débarqué à ROYAN, apprenant à quelle extrémité FRONTENAY, une des plus fortes places d’Hugues DE LUSIGNAN, Comte de la Marche, se trouvait réduite, voulut gagner du temps pour rassembler le reste de ses troupes. Il envoya des ambassadeurs qui vinrent trouver le Roi de France au milieu de son camp. Ils lui demandèrent pour quels motifs, il violait la trêve qui devait encore durer trois ans. SAINT LOUIS répondit aux ambassadeurs anglais qu’il était prêt à prolonger la trêve, mais que le Roi d’Angleterre ne devait pas trouver mauvais qu’il ait voulu châtier des vassaux félons et rebelles comme les Comtes de la Marche et de Toulouse. Dès que le Roi d’Angleterre eût connaissance de la réponse du Roi de France, il lui renvoya, dans son camp, sous les murs de FRONTENAY, deux vieux chevaliers du temple, porteurs d’une déclaration de guerre. Aussitôt LOUIS XI et son frère Alphonse DE POITIERS prirent leurs dispositions pour mener activement le siège de la citadelle, de crainte que le Roi d’Angleterre ne vienne à son secours.

Louis XI, ému et courroucé, commanda aussitôt un assaut général qui battra en brèche, à la fois tout le pourtour des fortifications. De part et d’autre, on se battit avec acharnement, mais la muraille céda sur plusieurs points et par ces brèches, les assiégés ne furent pas assez nombreux pour repousser les assaillants. FRONTENAY, après cette défense héroïque et acharnée, se vit réduit à implorer la merci du Roi de France.

Quarante et un chevaliers, quatre-vingts sergents et d’autres combattants furent faits prisonniers par les français, en incluant le fils du Comte de la Marche. L’armée entière demanda alors à grands cris qu’on fit mourir Geoffroy DE LUSIGNAN et ses chevaliers ; quelques barons du conseil étaient d’avis de sévir vigoureusement à leur égard.

Le Roi de France gémit profondément de ce désastre ; on le vit panser de ses propres mains les blessés qu’il était parvenu à soustraire du carnage. SAINT LOUIS se contenta donc de renvoyer à PARIS sous bonne escorte, les principaux prisonniers, et fit proclamer la grâce du reste de la garnison. Mais la soldatesque sans pitié, devint sourde à sa voix magnanime : elle passa impitoyablement plusieurs dizaines de prisonniers, au fil de l’épée, et en ce jour de frénétique vengeance. 

Les murailles de la place furent aussitôt démolies jusque dans leurs fondations et il n’en resta plus pierre sur pierre. Les édifices publics, à l’exception de l’église, furent incendiés. Ainsi, la malheureuse cité fut transformée en un amas de décombres auquel on donna le nom de FRONTENAY-L’ABATTU pendant cinq siècles.

En 1260, il y avait à FRONTENAY une prison dans laquelle Savary de MAULEON faisait incarcérer les délinquants surpris en défaut dans sa forêt de BENON soit qu’ils aient coupé du bois ou dressé des pièges, soit qu’ils aient capturé des sangliers ou autres animaux. Des témoins de LA LAIGNE, en particulier Guillaume RAOUL et Clément, affirment que Savary de MAULEON allait jusqu’à faire pendre certains maraudeurs surpris dans sa forêt. D’autres prisonniers de FRONTENAY, comme GIRADELLE et Barthélémy de la CHAUME, ne furent libérés qu’avec difficulté et seulement après qu’on leur eut arraché les dents.

Petit résumé des faits important liés à FRONTENAY après cette date :

1298 : Guy de LUSIGNAN, petit-fils du vaincu de 1242 reprend la terre de FRONTENAY par échange avec Gaucher V de CHATILLON qui récupéra le château de LA-FERE-EN-TARDENOIS.

1304 : Michel BERGERU de FRONTENAY est au nombre des malades guéris miraculeusement par l’Invocation de Gauthier de BRUGES, évêque de POITIERS. En 1340, Michel BERGERU témoigna de sa guérison devant huit témoins.

1309 : Dans son testament, Guy de LUSIGNAN fait don au roi, de la ville et de la châtellenie de FRONTENAY.

1317 : Après la mort de Guy de LUSIGNAN, le Comté de la Marche est érigé en pairie en faveur de Charles de France ; FRONTENAY est une des villes données à ce prince en accroissement d’apanage.

1350 : Jean LE BON donna la châtellenie à l’espagnol Charles de LACERDA qu’il fit Connétable de France. Celui-ci ayant été assassiné en 1353 sur l’ordre de Charles LE MAUVAIS, Roi de Navarre, FRONTENAY revint à la couronne.

1361 : En vertu du traité de Brétigny, Jehan CHANDOS, Commissaire du Roi d’Angleterre, manda le Prieur de FRONTENAY à FONTENAY-LE-COMTE, le 2 octobre. C’est à ce prieur Andrieu de MONTJEHAN, que fut confié la garde et le gouvernement du château-fort de FRONTENAY-L’ABATTU, dont BOUCICAULT, Maréchal de France, était alors châtelain.

1372 : Philippe LE HARDI à FRONTENAY. Pendant que DU GUESCLIN et Philippe de BOURGOGNE, dit Le Hardi (*) accompagné de son frère le Duc de BERRY, parcoururent notre contrée pour la pacifier et la reconquérir sur les Anglais, ils partirent de SAINT-MAIXENT, le samedi 4 septembre, vinrent coucher à FRONTENAY et rejoignirent le lendemain DU GUESCLIN à LA ROCHELLE.

1377 : Florie de LINIERES, veuve du Maréchal BOUCICAULT, qui avait été Seigneur de FRONTENAY, poursuivit au Parlement Jean LARCHEVEQUE, sire de Parthenay et voulut l’obliger à lui restituer le domaine que lui avait donné le Roi de France pour en jouir sa vie durant.

1378 : Le 10 octobre, Jean LARCHEVEQUE dut rétrocéder la Châtellenie de FRONTENAY à CHARLES V qui lui donne en retour 2 000 francs d’or. CHARLES V céda à Tristan ROUAULT, Seigneur de Boisménart, et à Péronnelle de THOUARS, sa femme, les Châtellenies de BENON et de FRONTENAY en échange des deux tiers du Comté de DREUX.

1397 : Péronnelle, dame de FRONTENAY, veuve de Tristan, mourut, sans enfant,  le 31 octobre à Puybéliard. FRONTENAY passa alors à sa plus jeune sœur, Marguerite de THOUARS qui avait épousé en seconde noces, vers 1375, Guy TURPIN, Seigneur de Crissé et de Vihiers.

1406 : Mort de Marguerite de THOUARS, veuve de Guy TURPIN. FRONTENAY passa alors à la sœur aînée de Péronnelle et de Marguerite, Ysabelle de THOUARS, deuxième épouse d’Ingerger I° d’AMBOISE

1430:  Louis d’AMBOISE, fils d’Ingerger II d’AMBOISE, était le Seigneur de FRONTENAY mais, à l’instigation de Georges de la TREMOILLE, premier ministre de CHARLES VII, tous ses biens furent confisqués, y compris FRONTENAY ; il fut même condamné à mort et emprisonné par arrêté du 8 mai. LA TREMOILLE, qui convoitait les biens de Louis d’AMBOISE, l’accusa, pour mieux le perdre, d’avoir pris parti pour les Anglais et d’avoir tramé un complot contre sa vie. Le Seigneur de FRONTENAY, conjuré avec deux autres seigneurs complices, arrêtés, furent amenés à LOCHES devant le Roi, en novembre 1430, et poursuivis pour crime de lèse-majesté, « pour avoir entrepris de se saisir de la personne du Roi en arrêtant le seigneur de LA TREMOILLE, gouvernant le royaume et par ce moyen gouverner l’Etat et mettre gens à sa dévotion ». Conduit prisonnier au château de Poitiers, Louis D’AMBOISE, par un arrêt du 8 mai 1431, fut relevé de la peine de mort qu’il avait encourue mais fut condamné à la confiscation de ses biens et à une dure détention qu’il subit d’abord dans son château D’AMBOISE, puis dans la prison de CHATILLON SUR INDRE. Georges de LA TREMOILLE reçut effectivement une partie des biens de sa victime et fit en sorte de se réserver la garde des places qui devaient revenir à son frère Jean de LA TREMOILLE époux de Jacquette d’AMBOISE. En réalité, Georges DE LA TREMOILLE devenait ainsi maître de toutes les possessions de Louis D’AMBOISE et de FRONTENAY L’ABATTU devint en quelque sorte sa seigneurie, tout en étant la propriété de Jean, son frère. C’est ainsi que FRONTENAY passa de la maison d’AMBOISE dans celle de LA TREMOILLE.

1434 : En septembre 1434, Un peu plus d’un an après sa délivrance, Louis D’AMBOISE obtint de CHARLES VII par l’intercession de Yolande D’ARAGON et de Charles D’ANJOU, la restitution de la vicomté DE THOUARS et de quelques autres terres, mais FRONTENAY ne lui fut pas rendu ; sa sœur, Jacqueline D’AMBOISE, autrement appelée Jacquette, avait été régulièrement mise en possession de cette place après la confiscation de 1431, et il aurait fallu payer une trop forte rançon pour la recouvrer. A cause de sa femme, Jean DE LA TREMOILLE resta donc seigneur de FRONTENAY, joignant à ce titre ceux de seigneur de JONVELLE, Baron de DRACY, de SAINTE HERMINE etc. Il avait épousé Jacquette D’AMBOISE, le 17 juillet 1424. Celle-ci était la troisième enfant d’Ingelger II, D’AMBOISE, Vicomte de FRONTENAY L’ABATTU, de ROCHECORBON, de MONTILS etc. et de Jeanne de CRAON.

1443 : La domination arbitraire de Georges DE LA TREMOILLE, sur FRONTENAY ne dura que deux ans. A la fin de juin 1443, le ministre tomba en disgrâce, fut chassé du gouvernement et condamné à la détention ; mais peu de temps après, moyennant une rançon de 6 000 écus, il obtint la faculté de se retirer librement au château de SULLY, qui lui venait à sa mère.

1449:  Jean de la TREMOILLE et Jacquette d’AMBOISE, sa femme, étant morts sans enfants, FRONTENAY revint à Péronnelle d’AMBOISE, Dame de ROCHECORBON, autre sœur de Louis d’AMBOISE, qui avait épousé en présence du Roi et de la Reine de Sicile,  le 13 juin 1412 à ANGERS, Hardouyn VIII de MAILLE, conseiller de son père. Elle le laissa à son mari, HARDOUIN VIII, Seigneur de MAILLE en Touraine et de BAUSSAY, né en 1383. Ce qui fait que FRONTENAY passa en peu de temps de la maison d’AMBOISE dans celle de la TREMOILLE, puis dans celle de MAILLE. De cette union, il eut sept enfants : HARDOUIN IX, Juhez, Marie, Mahaut, Françoise, Renée et Péronnelle. Il était encore vivant en 1466 et membre du conseil du Roi.

1451 à 1466 : Reconstruction de l’église de FRONTENAY sous le pontificat de Guy de ROCHECHOUART. Cette église avait été pillée et en partie démolie, en 1346 par les troupes anglaises du comte de Derby.

En effet, un fait d’histoire locale, qui était complètement oublié, est relaté dans un parchemin relevé aux Archives Nationales à PARIS. : C’est la « Permission de fortifier la ville de FRONTENAY » et le « Droit de guet » accordés par Louis XI dans les premières années de son règne et confirmés le 26 avril 1466 en faveur d’Hardouyn DE MAILLE, seigneur de FRONTENAY L’ABATTU. En échange de cette permission et de ce droit, le Roi se fit donner MONTILS LES TOURS, qui devint peu après la célèbre résidence royale de PLESSIS LES TOURS. Le mâchicoulis qui surmonte encore l’entrée sud de l’église de FRONTENAY ROHAN ROHAN est un souvenir de cet accord et un signe symbolique de la nouvelle puissance de la forteresse. Conjointement avec deux écussons armoriés des ROCHECHOUART placés à la même façade, il permet d’attribuer à la même époque la reconstruction de cette église qui avait été pillée et en partie démolie en 1346 par les troupes anglaises du Comte de DERBY. Plusieurs passages des protocoles du XVI ème siècle, ainsi que le récit de fait d’armes du même temps étaient comme des énigmes puisqu’il y est question de pont, de murailles, de clôture, de fossés, de portes de ville, alors que nulle part on ne trouvait trace de la restauration des anciennes fortifications abattues et rasées en 1242.

Hardouyn IX, Baron de MAILLE, Seigneur de la ROCHECORBON, de la Haye de Beauçay, devint Seigneur de FRONTENAY à la mort de son père Hardouyn VIII, après 1466. Il devint conseiller et chambellan du Roy, Sénéchal de Saintonge et Capitaine de MANTES. Il épousa Antoinette DE CHAUVIGNY, Vicomtesse de BROSSE, le 26 novembre 1458, et devint veuf le 20 février 1473. De ce premier mariage, naquirent six enfants : Jacques, François, Hardouyn X, Louis, Françoise et Claude. HARDOUIN IX se remaria peu de temps après avec Marguerite de LA ROCHEFOUCAULD.

François de MAILLE succéda à son père Hardouyn IX. En 1487, il fit foi et hommage à CHARLES VIII « pour la baronnie, château, ville et seigneurie de FRONTENAY ».

 

(*) : Philippe Le Hardi, le duc de Bourgogne, qu’il ne faut pas confondre avec PHILIPPE III, dit le Hardi, mort en 1285, naquit en 1342. Ce prince n’avait donc que 14 ans, en 1356, quand, à la bataille de POITIERS, il se battit vaillamment aux côtés de son père blessé, le Roi Jean Le Bon ; « Père, gardez vous à droite, disait il ; Père, gardez vous à gauche », prévenant ainsi filialement le monarque des dangers qu’il courait. Ce surnom de Hardi fut, on le voit bien, gagné dans cette terrible journée.

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