Le Monument aux Morts de FRONTENAY

Le Conseil Municipal de FRONTENAY ROHAN-ROHAN, voulant perpétuer la mémoire des hommes de cette commune morts au Champ d’Honneur, pendant la guerre de 1914-1918, fit ériger un monument de granit et de bronze, inauguré le 15 août 1922, sur l’emplacement des halles.

Le référendum, effectué au début de l’année 1921, exprimait le choix des halles à 220 voix contre 120 voix pour le cimetière et 16 voix « devant la Mairie » c‘est à dire dans le jardin du Presbytère. Cependant, en séance extraordinaire du 31 juillet 1921, dans la mesure où il fallut solutionner la question de l’emplacement à élever aux enfants de la commune Morts au Champ d’Honneur, après discussion, et en raison de la dépense occasionnée par la démolition des halles, l’emplacement choisi par le Conseil Municipal fut le jardin du presbytère, il serait d’une superficie d’environ dix mètres carré, du côté de l’hôtel DANIAUD, un mur de clôture séparerait le Monument du presbytère et une grille serait érigée sur la rue. Le monument fut choisi parmi divers modèles présentés par la maison des marbreries générales 33 rue Poussin à PARIS (type N° 2139 P). La dépense s’élèverait à 8 900 francs pose comprise et le Conseil Municipal autorisa Monsieur le Maire à passer commande et à traiter avec la maison précitée.

Après discussion lors de la séance extraordinaire du Conseil Municipal du 20 novembre 1921, l’emplacement définitivement voté fut finalement celui actuellement occupé par les halles. En effet, à l’instar du Référendum populaire communal précité qui ne concordait pas avec le premier choix du Conseil, certaines objections furent faites sur l’emplacement primitivement arrêté pour l’érection du Monument aux Morts. L’emplacement des Halles communales fut définitivement désigné le 8 janvier 1922 par le Conseil Municipal répondant ainsi au désir de la majorité des habitants, exprimé dans un Référendum, joint à la liste des souscriptions pour le monument pour une somme de 4 427 francs.

Le Monument sur lequel le choix du conseil s’arrêta, fut en granit rose, le socle surmonté d’un poilu en Galvano brossé. Un cahier des charges fut établi.

 

 

 

Devis estimatif des travaux

Fourniture d’un Monument en granit rose type n° 2190 de la Maison « Les Marbreries Générales », 33 rue Poussin à PARIS

- Valeur du Monument à forfait, suivant marché passé avec la maison précitée, rendu franco gare de FRONTENAY : 12 000 francs

- Frais d’envoi et de séjour d’un ouvrier monteur (forfait prévu sur le marché sus-désigné) : 400 francs

- Etablissement des fondations sous le Monument, camionnage de ce dernier de la Gare de FRONTENAY à pied d’œuvre, aides et matériaux nécessaires au montage : 600 francs

- Démolition des murs actuels dérasés de 0,45 mètres au dessous du sol pour recevoir la nouvelle clôture : 17 m3 à 10 francs : 170 francs

- Etablissement d’une nouvelle murette de clôture en parpaings agglomérés de ciment comportant un socle de 0,20 mètre x 0,20 mètre, dont 0, 315 mètres en fondation, un fût de 0,25 mètre de hauteur de 0,14 mètre d’épaisseur et un couronnement de 0,20 mètre de largeur et de 0,11 mètre à 0,13 mètre d’épaisseur : 45 ml à 27 francs le ml : 1 215 francs

- Sur murette précédente, établissement d’une grille de 0,77 mètre de hauteur en fer ½ rond creux de 20 m/m, barreaux espacés de 0,125 mètre d’axe en axe, 2 traverses moulurées, volutes à la partie supérieure, un montant tous les mètres et un arc-boutant tous les 2 mètres, pesant environ 10 kg au mètre courant, y compris peinture (une couche minimum et deux couches de gris) : 45 ml à 33 francs le ml : 1 485 francs

- Porte à deux vantaux de 1,20 mètre et 1,70 mètre de hauteur et 1,50 mètre de largeur s’harmonisant avec la grille précédente, y compris peinture (poids approximatif : 50 kg) : 160 francs

- Somme à valoir pour plantation d’une haie en arbustes verts, achèvement de l’aménagement de la Place, transfert de la pompe et travaux imprévus : 470 francs

TOTAL : 16 500 francs

Le contrat entre la Commune et la Marbrerie fut conclu le 11 décembre 1921 pour le prix à forfait de douze mille quatre cents francs, cette somme payable : quatre mille francs à la commande, quatre mille francs le Monument taillé sur carrière et le solde le Monument pose et entièrement achevé.  Cette fourniture fut garantie pour une durée de dix années comme solidité de pose et de matériaux employés.

Ce même jour fut établit le dossier d’expertise des Halles communales aux fins de leur vente aux enchères publiques et de leur démolition décidées par délibération antérieure du 20 novembre 1921.

Le Conseil accepta, en outre, à la même date, le devis présenté pour l’aménagement définitif de l’emplacement des halles où sera édifié le monument et que fit ressortir, y compris le coût de ce dernier, une dépense totale de seize mille cinq cents francs.

Cette dépense fut partiellement couverte :

1° - Au moyen d’une liste de souscription s’élevant à : 4 300 francs

2° - Par un prélèvement voté par le Conseil Municipal s’élevant à : 5 000 francs

3° - Par le produit éventuel de la vente des halles s’élevant à : 3 250 francs

Total des ressources : 12 550 francs

Montant de la dépense : 16 500 francs

Il y eut une insuffisance de : 3 950 francs

En raison des importants sacrifices que consentit la commune pour célébrer dignement la mémoire de ses morts, le Conseil Municipal sollicita l’allocation d’une subvention aussi élevée que possible.

Cependant, par une Minute d’une lettre expédiée le 21 janvier 1922 à Monsieur le Maire de FRONTENAY ROHAN-ROHAN,  la Commission technique d’examen des projets de monuments commémoratif de la PREFECTURE DES DEUX SEVRES émit, sur le projet qui fut présenté par la commune de FRONTENAY ROHAN-ROHAN, l’avis suivant :

« La commission regrette que le choix de la Municipalité se soit porté sur une statue représentant un soldat prêt à s’affaisser, il en résultera pour le spectateur, une impression de déséquilibre et de chute imminente d’un effet regrettable. D’autre part, la Commission estime que la partie haute du socle est trop importante ».

« De plus, j’ai remarqué qu’il existe une insuffisance de ressources de 3 950 francs. La commune, il est vrai, sollicite une subvention de l’Etat ; mais cette subvention calculée d’après les barèmes établis par l’Administration ne pourrait être supérieure à 800 francs. Il subsisterait donc néanmoins un déficit de 3 150 francs. Je vous prie de bien vouloir inviter le Conseil Municipal à voter la somme nécessaire pour combler ce déficit ; je ne pourrai, en effet, transmettre le dossier à Monsieur le Ministre de l’Intérieur, en vue du décret approbatif, que lorsque les ressources nécessaires à l’érection du Monument seront entièrement créées.

La PREFECTURE DES DEUX SEVRES expédia la Minute de la lettre du 27 février 1922 à Monsieur le Ministre de l’Intérieur – Direction du personnel – 2° bureau :

« Le monument sera élevé sur l’emplacement des Halles communales dont la démolition est projetée. La dépense s’élève à 16 500 francs. Pour y subvenir, la commune dispose d’une somme de 4 300 francs provenant d’une quête faite dans la commune. Le Conseil Municipal a voté un crédit de 8 150 francs et compte sur une subvention de l’Etat qui pourra s’élever à 800 francs d’après le jeu des barèmes établis par l’Administration. Le reste sera couvert par la vente des matériaux des halles sur l’emplacement desquelles le Monument doit être élevé. Le produit de cette vente étant évalué à 3 250 francs.

D’autre part, la commission d’examen sans mettre opposition au projet a fait quelques observations. Les observations ayant été portées à la connaissance du Conseil Municipal, celui-ci les a rejetées et a déclaré maintenir le projet tel qu’il l’a présenté ».

En février 1923, le Conseil Municipal décida l’entourage de la place du Monument aux Morts par un mur surmonté d’une grille avec une seule ouverture donnant sur le chemin conduisant à l’église (Est de la place) et de la plantation d’arbres à cinquante centimètres du mur mitoyen de la maison située à l’Ouest de la place.

En 1925, Alcide GUILLEMET, serrurier à FRONTENAY ROHAN-ROHAN, construisit une partie  de la grille pour l’entourage du Monument aux Morts, représentant une longueur de 20,67 mètres avec des barreaux de 0,90 mètre de haut et de 0,032 mètre d’épaisseur moyennant le prix convenu de 160 francs le mètre courant soit 3 307,20 francs.

La même année, Michel VELTIN, entrepreneur à FRONTENAY ROHAN-ROHAN effectua les travaux de ciment pour l’entourage du Monument aux morts, désignés de la façon suivante :

Béton de ciment à faire sous la balustrade : 1 412,25 francs

Balustrade en ciment avec couronnement : 2 228,70 francs

Dallage du trottoir : 278,46 francs

Seuil en ciment : 20 francs

Bordure de trottoir en ciment : 20 francs

Pour différentes réparations aux bordures en pierre, refaire le caniveau et les marches dans le passage : 108 francs

Total du devis :  4 067,41 francs

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Pendant la guerre 1939-1945, les Allemands prélevèrent les attaches en plomb de la grille du monument.

En 1963, le Conseil Municipal, avec le Maire, le docteur DEBEGUE, vota la suppression des grilles pour faire garer les autobus, ce qui profita aux deux débits de boissons qui l’encadraient.

En galvano-bronze (mince feuille de bronze sur un support friable), la statue du monument aux morts ne résista pas aux intempéries. Un trou dans le cou permit l’installation d’abeilles dans un premier temps, puis la statue s’effondra. En 1994, le monument aux morts fut déplacé et s’installa à son emplacement actuel.

 

 

 

 

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