LE PETIT FRONTENAYSIEN et ses anecdotes

 

LE PETIT FRONTENAYSIEN a été lancé par Emile BOURDEAU, Curé-Doyen de FRONTENAY ROHAN-ROHAN avec quatre de ses amis, en avril 1899, et a merveilleusement prospéré jusqu’à la guerre 1914 – 1918, époque d’arrêt de cette première édition. L’important pour lui était de créér, dans la paroisse de FRONTENAY ROHAN ROHAN, un organe périodique qui mette au courant de ce qui se faisait à l’église mais également faire connaître au Frontenaysiens, l’histoire de leur commune.

Depuis longtemps, après la première guerre mondiale, Emile BOURDEAU voulait se remettre à publier le journal envoyé tous les mois, avant la guerre de 1914, mais depuis cette époque, le prix élevé des travaux d’imprimerie a toujours été pour lui un obstacle insurmontable. Ce fut fait au début des années 1930 avec le désir de faire connaître les grandes lignes de l’Histoire locale, reconstituée, en grande partie, à l’aide de nombreux documents recueillis de côté et d’autres. Il le fit en un format restreint au contraire de son aîné imprimé en format type journal, pour le classer facilement et le relire plus tard pour conserver les notes d’Histoire locale.

  

Anecdotes diverses narrées dans LE PETIT FRONTENAYSIEN

Déplorable enfantillage en octobre 1909

Le mardi 12 octobre 1909 à 11 heures, trois enfants eurent la mauvaise idée de lancer des pierres dans un des plus curieux vitraux de l’église de FRONTENAY.

Cette œuvre d’art, unique en son genre, fut lamentablement détériorée. Elle était due au génie de Monsieur l’abbé BOINOT, autrefois curé-doyen et vicaire archiprêtre de FRONTENAY-ROHAN-ROHAN. Ce prêtre érudit et véritable artiste avait peint lui-même ce vitrail et l’avait fait cuire dans des fours qu’il avait construits au presbytère même de FRONTENAY.

M. C. DE SAINT MARC, juge de paix à NIORT, Vice président de la Société Historique et Scientifique des Deux Sèvres a décrit ce vitrail dans une note publiée en 1908.

 

Un sou avalé en mai 1910

Le 11 mai 1910, au café du Commerce, le petit Robert BARBAULT, âgé de trois ans, s’amusait avec un sou qu’il mit malheureusement dans sa bouche et avala. L’anxiété des parents fut grande dès qu’ils s’en aperçurent. L’enfant fut conduit à NIORT où, grâce aux rayons X, la pièce fut extraite dans la clinique du docteur PETIT.

 

Une noyade en août 1910

Dimanche matin, 14 août 1910 vers onze heures, deux jeunes gens se baignaient dans un bras de la sèvre Niortaise, au gué de Ménevault. L’un d’eux, Raymond BRUNET, dit Baronnet, perdit pied et disparut. Son camarade demanda secours à Monsieur RAGUIDEAU, Brigadier de Gendarmerie à FRONTENAY, qui se trouvait dans les environs. Le Brigadier, sans quitter ses vêtements, plongea immédiatement et réussit à retirer le corps. Après des tractions rythmées de la langue et la respiration artificielle, le courageux sauveteur constata que malheureusement, il n’avait retiré qu’un cadavre. L’asphyxie avait accompli son œuvre. 

Arrestation d’une voleuse en novembre 1911

Le lundi 12 novembre 1911, plusieurs commerçants de notre localité ont été victimes d’un vol spécial pratiqué par la nommée Françoise MAILLE. Cette fille âgée de 19 ans, habitait dans une des nombreuses roulottes qui stationnaient sur le champ de foire aux moutons : se présentant chez les commerçants, elle achetait pour quelques sous de marchandises, et présentait invariablement une pièce de deux francs, qu’elle avait le soin de toujours reprendre avec la marchandise et la monnaie.

Elle fut arrêtée par les gendarmes de FRONTENAY et a été condamné à un mois de prison.

 

La tempête du 21 décembre 1911

La terrible tempête du jeudi 21 décembre détériora le vitrail de Saint Jean Baptiste, situé au dessus de la grande porte de l’église. Nous avons été dans l’obligation de monter à ce vitrail pendant la bourrasque pour consolider ce qui en restait. Ce travail a permis de relever les intéressantes inscriptions que voici :

Peint par Monsieur l’abbé BOINOT, curé de FRONTENAY. Mis en plomb gratis par Monsieur LACUVE. Donné par Mademoiselle Angélique LEVASSEUR. Posé le 27 février 1851.

Etait noté sur ce vitrail : Isaias Jérémias Daniel Ezechiel. Lex et prophete usque ad Jeannem ce qui veut dire : La loi et les prophètes jusqu’à Saint Jean. 

Cambriolage en février 1913

Dans la nuit de jeudi à vendredi 14 février 1913, des cambrioleurs se sont introduits chez M. Henri FLOGEAC, menuisier et épicier à FRONTENAY. Après avoir ouvert les volets, ils ont enduit un carreau de matière grasse, puis ils l’ont brisé et ont ouvert la fenêtre. Entrés dans le magasin d’épicerie, ils ont fouillé le tiroir caisse et emporté tout ce qui s’y trouvait : seule une pièce de dix francs a été oubliée. Le vol se monte à une cinquantaine de francs en argent ; les marchandises n’ont pas été dérangées.

 

Vente d’un lion en février 1913

Une ménagerie de passage à FRONTENAY, le 13 février 1913, a vendu un lionceau de dix huit mois, pour la somme de mille francs, à la ménagerie LAURENT alors installée à NIORT. L’animal a été transporté à NIORT, le 14 sur le camion de M. POPLINEAU, hôtelier à FRONTENAY. 

La circulation à FRONTENAY le 25 aout 1913

D’après le pointage effectué cette journée là, voici l’énumération des véhicules qui ont traversé FRONTENAY :

  • Voitures chargées :          45

  • Voitures vides :              109

  • Automobiles :                  40

  • Motocycle :                       1

  • Bicyclettes :                  120

  • Animaux non chargés :    70

 

Accident mortel en octobre 1913

Le mardi matin, 14 octobre, un horrible accident est arrivé au chauffeur de train qui vient de NIORT et s’arrête à FRONTENAY à 7 h 35. Après avoir passé la maisonnette de la Clielle, le mécanicien commençait à ralentir pour l’arrêt en gare, lorsqu’une soupape d’un tuyau d’échappement refusa de fonctionner. Le chauffeur Léon MEUNIER qui ne faisait que pour la seconde fois le trajet de NIORT à LA ROCHELLE, s’élança aussitôt sur sa haute machine américaine du type « compound », sans se rappeler qu’il y avait un pont de fer au-dessus de la voie. Il était baissé et occupé à examiner la cause du mauvais fonctionnement de la soupape, lorsque la locomotive s’engagea sous le pont et il se releva malheureusement trop tôt. Bien plus élevé que le tuyau de sa machine, qui passe à 50 centimètres seulement des plus basses traverses du pont, Léon MEUNIER eut la tête littéralement cassée par la quatrième de ces traverses et fut tué sur le coup. Son corps inanimé retomba dans les bras du mécanicien qui dut maîtriser sa très vive émotion pour renverser la vapeur et arrêter le train en maintenant ce cadavre. Du pont de la gare, une lugubre traînée de sang témoignait de l’épouvantable blessure qui avait privé de la vie l’infortunée victime. M. MEUNIER était âgé de 29 ans. Sa veuve encore jeune, née Yvonne POITIERS, reste avec deux enfants en bas âge. Les obsèques ont eu lieu à AUMAGNE (Charente Inférieure). 

Voleurs en mars 1914

Depuis quelques jours de nombreuses personnes sont victimes de méfaits, dont les auteurs n’ont pas encore été découverts. Dans la nuit du samedi 21 au 22 mars, des voleurs se sont introduits par effraction dans l’enclos de la gare et ont dérobé dix poules appartenant à M. COTI, Chef de Gare. On cite encore plusieurs autres actes du même genre. Il est à souhaiter que les voleurs soient promptement découverts.

 

Tremblement de terre en août 1933

Le 20 août 1933, à FRONTENAY, comme dans plusieurs localités des Deux Sèvres, on ressentit des secousses de tremblement de terre. 

Passage de convois cellulaires à FRONTENAY

Les 16 et 19 août et 19 novembre 1933, il y eut à FRONTENAY, le passage de 46 autos cellulaires de voitures de condamnés, conduisant à LA PALLICE et l’ILE DE RE, des forçats qui furent ensuite dirigés en Guyane. De même, le 7 juillet 1936, il y eut également un sinistre défilé de dix sept voitures cellulaires, conduisant à La Pallice, de nombreux condamnés aux travaux forcés en Guyane.

 

Accident mortel en juin 1934

Le 8 juin 1934, à Port du Noyer, un taureau s’abattit de tout son poids sur Monsieur Victor SERVILLAT, au service de Monsieur André ROUSSEAU. Le pauvre homme relevé, avec une fracture du crâne, décéda 48 heures après, à l’hôpital de NIORT. Agé de 48 ans, il était père de deux enfants qui demeurent à NIORT avec leur mère.

 Morts de vaches en décembre 1937

Le 19 décembre 1937 marquait le début d’une vilaine et pénible machination qui fit périr quatre vaches et un bœuf dans l’écurie de Monsieur BEJET, le fermier de Messieurs Eugène et Théophile NEAU. A quel triste mobile avait obéi le ou les auteurs de cette criminelle hécatombe ? Pour éviter une perte plus considérable, les propriétaires vendirent tout ce qui leur restait de gros bétail.

S’étaient-elles suicidées les quatre vaches de la métairie du bief-Chabot ? Le tribunal ne put expliquer la mort violente de ces bêtes. Ce fut un mystère de plus pour l’histoire locale de FRONTENAY de même que les incendies toujours inexpliqués de 1923 ou une série de vols tout aussi obscurs.

 

Trafic d’armes en mai 1938

Le 5 mai 1938, les gendarmes de FRONTENAY, messieurs CHAUVEAU et GIRARD, en tournée sur la route de Saint-Jean, près de Bel Air, arrêtèrent un camion de RUEIL-MALMAISON allant vers BORDEAUX. Ce camion transportait des canons de marine et deux plateformes.

Toute embrouillée qu’elle paraissait être, l’affaire du gros camion chargé de canons, arrêté à Bel Air, par les gendarmes de FRONTENAY, finit par être complètement éclaircie. C’est l’Estonie russe qui faisait un trafic de canons et de munitions au profit des gouvernementaux espagnols et les leur expédiait soi-disant de BREST au HAVRE, en faisant un petit crochet par NIORT et PERPIGNAN.

 

Décembre 1938 polaire

L’Automne 1938 d’une douceur exceptionnelle, fut supplanté brusquement, le 18 décembre 1938, par un hiver d’une rigueur extrême. Dans la région de FRONTENAY, depuis 1879, jamais le thermomètre n’était descendu à 18 degrés au-dessous de zéro, comme il fut constaté les 20,21 et 22 décembre 1938. Il y eut, avec cela, une neige abondante, tout pulvérulente, poussée par un terrible vent de bise nord-est, qui l’amassa jusqu’à plus d’un mètre d’épaisseur, sur certains points. La neige s’introduisit dans les greniers sous les tuiles et les lattes et sur les pommes de terre entassées. On estima à 35 centimètres l’épaisseur uniforme de neige qui recouvrit la terre du 20 au 28 décembre 1938. Ces intempéries prolongées, durant huit jours, causèrent un véritable désastre notamment dans les jardins où les légumes furent anéantis, dans les vignes où les sarments furent complètement gelés, dans les arbres fruitiers avec la triste apparence et consistance des boutons à fleurs, dans les arbustes verts d’agrément brûlés. Pompes, canalisations, radiateurs et réservoirs furent aussi éprouvés.

Des oiseaux non migrateurs furent chassés du Nord, où ils ne trouvaient plus rien sous la neige et la glace, et vinrent se réfugier dans la région. Pinçons des Ardennes, canards, oies, dindons et même des cygnes avaient été vus. Donner de la nourriture aux vaches fut difficile et contribua à une augmentation du prix du lait et du beurre et une baisse du prix au kilo du bétail.

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