le Réseau Delbo-Phoenix et les MIGAULT en 1944

Le réseau de résistance DELBO PHOENIX fut très actif en Deux Sèvres. A FRONTENAY, Norbert et Amédée MIGAULT étaient les représentants de ce réseau.

Raconter l’épisode tragique de la chute du réseau DELBO-PHOENIX à NIORT est indispensable.

Le 21 février 1944, le radio du réseau de résistance franco-belge Zéro France, Jean HOYOUX, dit Jeannot (parachuté auparavant le 23 juillet 1943 à ASSEAIS LES JUMEAUX près de THENEZAY) fut caché par les époux GIBEAULT commerçants dans la TSF à NIORT. Son rôle était de détecter, coder et transmettre, à LONDRES, toutes les informations relatives aux implantations dans le nord de la France des V1 et V2. Jean HOYOUX fut gravement blessé, le 21 février 1944, par le traître Pierre-Robert LAMBERT, alias Ledanseur, à la solde de la GESTAPO, au cours d’une réunion de résistants se tenant 6, rue des Cordeliers à NIORT chez les GIBEAULT. En effet, le traître se fit passer pour un agent du réseau en entrant dans la boutique de radio et de photographie des GIBEAULT pas assez méfiants. HOYOUX, plus méfiant, le testa et l’autre, poussé dans ses derniers retranchements, se saisit d’un pistolet, tira et le blessa à la poitrine. Le docteur LAFITTE, appelé, fut demandé à la rescousse et emmena le blessé à l’hôpital dans un endroit discret chez les religieuses. Pendant ce temps, LAMBERT, blessé lui aussi par balle par M. GIBEAULT, réussit à s’extirper de la cave où il était prisonnier, à se traîner dans la rue et avant de s’évanouir, à prévenir la GESTAPO. Une traque impitoyable commença alors. LAMBERT, emmené lui aussi à l’hôpital, HOYOUX dut quitter en urgence du bâtiment de l’hôpital où les religieuses l’avaient caché, pour la sécurité de tous. Avec l’aide du garagiste situé en face de l’hôpital, ayant l’habitude de réparer les véhicules des occupants, les docteurs SUIRE et LAFFITTE prirent un véhicule allemand bâché et sortirent par une sortie dérobée du garage avec leur blessé et toujours la balle dans sa poitrine. Ils firent conduire Jean HOYOUX à SAINT LIGUAIRE chez le docteur BOYER puis à la ferme de CHEY. Le blessé fut caché pour la nuit et le véhicule allemand fut réintégré dans le parc, ni vu ni connu.  Le lendemain, un mareyeur niortais, André TESSON, transporta Jean HOYOUX dans son camion jusqu’à VALLANS où le blessé resta quelques jours avant de repartir à FRONTENAY ROHAN-ROHAN dans la ferme d’Amédée MIGAULT puis, un peu plus tard, pour EPANNES. Les allemands multiplièrent les recherches donc on cessa de changer de cache le blessé et les époux GIBEAULT. Ensuite, Louis MICHAUD dit P’tit Louis, second du Réseau DELBO-PHOENIX, organisa la fuite éperdue d’abord en forêt de l’Hermitain, dans une maison à DOUAULT où le docteur SUIRE extraya enfin la balle du poumon de Jean HOYOUX. Mais la tenaille allemande, bien aidée par quelques dénonciations locales, se resserra sur les fuyards en remontant toute la chaîne de solidarité. Le docteur LAFITTE fut arrêté le 22 février. Le 16 mars, ce fut le tour de trois habitants de VALLANS, Louis CHAIGNON, Marcel et Ulysse PAPOT. Le 19 mars 1944, les Allemands furent à FRONTENAY et à EPANNES chez Amédée et Norbert MIGAULT et Marcel ALBERT. Le 16 avril, P’tit Louis fut appréhendé par les Allemands à Miauray près de ROMANS suivi par Jean HOYOUX, deux jours plus tard tout comme Georges et Jeannette GIBEAULT à la ferme de Bourgneuf à PRAILLES en même temps qu’Octave et Marie NOCQUET. Le même jour, à la Gravette de PRAILLES, les Allemands arrêtèrent trois membres de la famille FOUCHIER ayant, eux aussi, hébergé HOYOUX et les GIBEAULT puis Maurice MARTEAU de MAGNE chez qui se faisaient les émissions radio. Le 2 mai, TESSON fut arrêté et le 5, le docteur SUIRE.

En tout, 26 personnes du réseau DELBO-PHOENIX furent arrêtées et déportées en Allemagne, 17 d’entre elles, dont Georges et Jeannette GIBEAULT, n’en revinrent jamais.

Jean HOYOUX, seul survivant en 2004 de cette histoire inouïe, expédié à DACHAU, en réchappa miraculeusement. Vivant en Belgique, il revint à NIORT en 1996 pour revoir les endroits où les Deux sévriens, ordinaires et anonymes, eurent, pour lui, fait montre de tout leur courage et de leur générosité en marchant sans faillir au devant de la mort.

Il ne fut pasle seul à revenir des camps de la mort puisque Madame NOCQUET revint en mai 1945 mais la famille FOUCHIER, déportée elle aussi, ne rentra pas des camps.

Amédée Sylvain MIGAULT naquit le 20 juin 1890 à MARIGNY, fils de Simon MIGAULT, cultivateur et de Virginie PARPANT. Il se maria le 16 juillet 1917 à GRIPT avec Anna POMMIER. Il fut membre de l’Unité de la DGER (Direction générale des Études et Recherches, organe de renseignement créé en 1944 et rattaché au Bureau Central de Renseignements et d'Action). Résistant, il fut déporté le 27 avril 1944 depuis le camp d’internement de COMPIEGNE-ROYALLIEU au KL d’AUSCHWITZ-BIRKENAU puis au KL de BUCHENWALD, mort pour la France le 13 mars 1945 à OHRDRUF (Allemagne) - Dossier n° AC-21-P-92294

Norbert MIGAULT naquit le 2 novembre 1921 à GRIPT. Fils d’Amédée Sylvain MIGAULT et d’Anna POMMIER, il fut membre de l’Unité de la DGER (Direction générale des Études et Recherches, organe de renseignement créé en 1944 et rattaché au Bureau Central de Renseignements et d'Action). Résistant, il fut déporté le 27 avril 1944 depuis le camp d'internement de COMPIEGNE-ROYALLIEU au KL d’AUSCHWITZ-BIRKENAU, puis au KL de BUCHENWALD et de FLOSSENBURG (Allemagne) où il décéda le 28 décembre 1944, mort pour la France - Dossier n° AC-21-P-90432

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