Les Confréries

Par suite du transfert de l’évêché de MAILLEZAIS à LA ROCHELLE, FRONTENAY fut définitivement érigé en archiprêtré le 7 mars 1665 ; jusqu’à cette date, il fit partie de l’archiprêtré de MAUZE, comme le prouve la charte dite de ROCHECHOUART, établie en 1402.

FRONTENAY possédait, au XVIème siècle, quatre confréries : celles du Cibavit ou de Saint Nicolas,  de Notre-Dame, de Sainte Agathe et de Toussaint. Les Confréries étaient des associations pieuses et charitables dans les rangs desquelles s’enrôlait une grande partie des paroissiens qui avaient pouvoir de recevoir, d’acquérir et de gérer des biens. Leurs ressources permettaient également d’apporter une aide matérielle très importante à l’Eglise catholique en même temps qu’un soutien politique particulièrement actif durant les conflits religieux.

Rares furent, à cette époque, les testaments ne faisant pas mention, en sus de dotations rémunérant les messes ou services à célébrer après le décès du testataire, des legs en faveur des confréries qui, en contrepartie, rehaussaient d’un certain apparat le cérémonial funèbre en fournissant, notamment, des « luminaires » - ancêtres des lustres et des cierges. Par exemple, le 1° août 1542, par acte passé devant JOUSSELIN, notaire, Perrette CHARLESSE, veuve de François BERNARD puis de Jehan MOYNE et enfin de Jehan ARNAUD, nous donna le nom des quatre confréries auxquelles elle légua « cinq sols » pour avoir leurs luminaires au jour de son obit (enterrement).

Les membres de ces confréries avaient des attributions spéciales et des places marquées dans certaines cérémonies de l’église ; on voyait encore en 1913 dans le pavé du chœur six trous dans lesquels « Messires du Cibavit ou de Saint Nicolas » appuyaient le bâton de leur flambeau devant le Saint-Sacrement exposé, car ils étaient confrères du Saint-Sacrement.

Le nom de « Cibavit » leur venait de la prérogative qu’ils avaient de chanter la messe du saint-Sacrement dont l’Introit commence par ce mot « Cibavit ».  Pendant les autres offices, les confrères de Saint-Nicolas se plaçaient dans la nef consacrée aujourd’hui à Saint Joseph.

Après la disparition de cette Confrérie, lors de la Révolution, les hommes continuèrent à se mettre en grand nombre dans cette nef consacrée quelques dizaines d’années plus tard à Saint Joseph. La réfection des bancs de l’église, due à la générosité de Monsieur l’abbé DILLE (décédé le 16 novembre 1887) interrompit cette tradition.

Chaque année, la Confrérie de Notre Dame devait donner quatre boisseaux de froment à la Confrérie de Saint Nicolas, le jour de la fête de Saint Michel, or, le 7 mai 1542, en présence de « Messire Antoine JOLY, prêtre, Massé BONNAUD, Jacques YVER, François ROY, Vincent ALEASME, Pierre SEPTEMBREAU ET Jehan CHARRUYET, tous confrères desdites confréries », il y eut une transaction entre « Blaise Simon, administrateur de la confrérie de Notre-Dame » et François SENNE, maréchal administrateur de la Confrérie de Saint Nicolas » ; celui-ci étant redevable comme administrateur « d’un quartier comble de froment par chacun an », à la confrérie de Notre-Dame, il ne restait plus à la charge de cette dernière qu’une redevance de trois boisseaux et trois quartiers, ce qui fut approuvé, et pour s’acquitter aussitôt « Simon baille et paye comptant et manuellement audit SENNE le prix et somme de cent dix sols dix deniers tournois, laquelle somme ledit SENNE a prise et reçue et en a acquittée le dit Simon et lesdits confrères ».

La Confrérie de Saint Nicolas avait d’autres revenus, ainsi près d’une « pièce de bois sise entre les Nesdes », se trouvait un pré qui lui appartenant en propre et « un journal de terre, sis près la Broutte, acquitté en payant un boisseau comble de froment aux confrères de Saint Nicolas ».

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