Quelques autres évènements

  

Une affaire de sorcellerie en 1634

 

Au mois de juillet 1634, l’affaire est relatée dans un acte extrait des minutes d’un notaire de CHAMPDENIERS, un fabricant de serge de FRONTENAY fut accusé d’avoir jeté un sort à l’un de ses voisins. Traîné dans la chambre du malade auquel on l’accusait d’avoir jeté un sort, le prétendu sorcier fut soumis à d’affreuses tortures à la suite desquelles, afin que soit reconnue son innocence, il porta plainte.

      

Un faux-monnayeur en 1790

Jean PILLOT, en cette année 1790, était un domestique du moulin de Chasserat qui, en cette période trouble tirait selon l’expression populaire, « le diable par la queue ».

 

C’était un pauvre bougre, tout simplement. Sans doute faisait-il partie de cette masse d’opprimés qui se redressaient en répétant le slogan révolutionnaire « Liberté, égalité » pour tous. Peut être aussi son caractère s’était il aigri à la vue des seigneurs de la contrée menant une vie joyeuse, bruyante, voire même parfois désordonnée. Ne serait-il pas mieux, lui aussi, à voyager, porter de beaux vêtements, et à s’installer confortablement dans un de ces hôtels où l’on trouve une table abondamment garnie de mets succulents, plutôt qu’à remuer à longueur de journée des sacs de grains ou de farine ?

 

Mais hélas, son escarcelle était vide.

 

Que se passa t-il alors dans le cerveau de PILLOT ? A défaut d’instruction, il avait de l’audace. Et la fortune sourit aux audacieux. La nuit, il ne dort plus, et plus d’une fois, l’aurore le surprend à se livrer à une étrange besogne dont nul ne se doute dans son entourage.

 

Enfin, un beau matin de printemps, il sort de chez lui, l’air guilleret. Dans son gousset, tintaient de belles pièces blanches. Mais ces pièces aux reflets argentés n’étaient que de la fausse monnaie que notre homme ingénieux avait réussi à fabriquer en argentant les liards et les doubles.

 

Déjà, il en avait une certaine partie comme pièces de 12 et 24 sols.

                 

Mais plusieurs personnes trompées soupçonnèrent bien vite notre commis meunier dont la récente et brusque évolution avait été bien vite remarquée dans le voisinage. Or donc, au cours du mois de juin 1790, un nommé Charles SARRAZIN, de la FOYE MONJAULT, une de ses victimes, vint dénoncer à François BASTARD, officier de la garde nationale de FRONTENAY, qui était en service ce jour-là, en lui rapportant comme pièces à conviction « un couteau à manche de corne et cinq pièces d’argent ressemblant à des liards blanchis ci-devant ».

 

Jean PILLOT est appréhendé et emprisonné. Mais comme son cas n’était pas de la compétence du corps municipal, il fut décidé que l’affaire serait portée devant le Procureur ducal pour « qu’une punition exemplaire lui soit infligée ». 

 

 

La chevauchée de l'âne

Jadis, dans plusieurs provinces françaises, une gaillarde coutume voulait que, celui qui se laissait battre par sa femme, soit promené sur un âne et suivi d’un bruyant cortège.

  

Victime en 1805 de cette plaisanterie de mauvais goût, un sieur RESNIER, cultivateur dans le bourg de FRONTENAY en conçut une vive rancœur.

 

Arguant que la coutume de la chevauchée de l’âne avait été interdite vingt ans plus tôt, avec quelques autres facéties du même genre, il porta plainte contre les organisateurs de cette farce à grand spectacle.

 

En présence des sieurs Joseph MATHA, huissier et Jean MONNIER, instituteur, convoqués en qualité de témoins, un acte fut dressé, quelques jours plus tard, en l’étude de Maître JOUSSELIN, notaire à FRONTENAY, par lequel, en réparation des voies de fait infligées à RESNIER, les sieurs François BRUNET, voiturier, Jean NAUD, cultivateur et François DROUHET, charron, acceptaient de lui verser la somme de 240 francs à titre de dommages et intérêts. Les mauvais plaisants repentants ne paraphèrent pas le document notarial… aucun des trois ne savait écrire.

 

 

Mort d’un cultivateur dans son champ en 1810

Extrait du Procès Verbal de la levée du cadavre du nommé Jacques TEXIER fils, cultivateur à FRONTENAY en date du 26 avril 1810.

Nous avons remarqué que le cadavre dudit Jacques TEXIER était entravé sur un sillon, la face contre terre, ayant les bras croisés sur la poitrine et les poings ferlés. Et visite faite par le dit Sieur MOUNIER, chirurgien, du dit cadavre ; il nous a dit que le dit TEXIER était probablement mort depuis plusieurs heures puisque le cadavre était froid dans toutes ces parties que la cause de cette mort provenait évidemment d’un coup de sang qui s’était porté au cerveau et aux parties supérieures de la figure et de la poitrine : ce qui lui est apparu par la rougeur cramoisie dont étaient empreintes ces différentes parties du cadavre ainsi que par le sang qui lui découlait des narines.

Et attendu que du rapport ci-dessus, il résulte qu’aucune cause extraordinaire capable de troubler l’ordre public n’a occasionné la mort du dit Jacques TEXIER, nous, Juge de Paix susdits, déclarons que rien n’empêche l’inhumation du cadavre dans la forme et les délais voulus par la loi.

Fait à FRONTENAY Fief de Bassée les jours mois et ans susdits et le dit Sieur a signé avec nous et notre Greffier. Les dits TEXIER père et sa fille ont déclaré ne le savoir faire de cet enquis après lecture.

 

1811 : Mort de BOURGUIGNON, forçat libéré

Copie du Procès Verbal de la levée du corps de Jean SALLE, profession de mineur (forçat libéré), trouvé mort dans la commune de FRONTENAY le 19 janvier 1811.

Aujourd’hui 19 janvier 1811, dix heures du matin, Nous, Elie Charles GIRAUDET, Juge de Paix du Canton de FRONTENAY, ayant été informé qu’un individu, connu de cette commune sous le nom de BOURGUIGNON, a été vu ce matin par des enfants, étendu à terre et ne paraissant pas donné aucun signe de vie, au lieu appelé Les Chaumes Pisseuses, près de La Garenne de Faugerit en cette commune. Nous sommes accompagnés de notre greffier et aussi du Sieur Etienne MOUNIER, officier de Santé, demeurant en cette commune et transportés au dit lieu des Chaumes Pisseuses où nous avons, en effet, trouvé le cadavre de l’individu comme ici sous le nom de BOURGUIGNON, lequel était placé sur un gué de fossé, la face contre terre, vêtu seulement d’un mauvais gilet rouge sans manche, d’une mauvaise chemise de toile blanche et d’un pantalon aussi de toile blanche. Nous avons remarqué auprès du cadavre, une mauvaise veste et l’un de ses sabots ainsi qu’un tablier en peau de mouton.

Visite par Nous faite des poches des dits vêtements, nous n’y avons rien trouvé si ce n’est un peu de tabac à fumer.

Nous avons ensuite requis le dit Sieur MOUNIER de procéder à la visite du cadavre du dit BOURGUIGON ; ce qu’ayant fait en notre présence et celle de notre Greffier. Il nous a dit qu’il n’a reconnu aucun signe, ni marque apparente de coup donnés, ni contusion, mais qu’il pense que la cause de la mort de cet individu parait avoir été occasionné par l’état d’ivresse dans laquelle il a été vu à FRONTENAY hier vendredi soir, état qui l’a porté à traverser des fossés plein d’eau ; ce qui est justifié par sa culotte et sa chemise qui sont mouillées jusqu’à la ceinture. Il est ensuite tombé sur le gué de fossé où il a été trouvé et s’y est endormi. Une apoplexie, causée tant par la trop grande quantité de vin qu’il avait pris que par le froid de l’eau et de la nuit qui l’a surpris, l’a étouffé ; ce qui est apparu au dit Sieur MOUNIER par la rougerie cramoisie dont la figure du cadavre était empreinte.

Nous avons alors requis le Sieur Etienne ARNAULT, fermier demeurant au village de Faugerit, de conduire dans sa charrette, l’individu dont il s’agit, à la mairie de FRONTENAY ; ce qu’il a exécuté à l’instant.

Et ayant été informé que, depuis quelques jours, le dit BOURGUIGNON logeait au village de Faugerit chez le nommé Louis MANGOU, meunier, nous avons mandé celui-ci qui, étant venu de suite, nous a remis le seul papier que le dit BOURGUIGNON avait laissé chez lui, lequel est une carte de sureté délivrée à la mairie de NIORT, le onze mai dernier, signée SIMONNEAU. Il constate que le Sieur Jean SALLE, profession de mineur, forçat libéré, natif d’AUXERRE, département de l’Yonne, a déposé à la mairie du dit NIORT, un passeport à lui délivré par le Commissaire Général de Police de la ville de BREST en date du vingt six avril dernier sous le numéro 72.

Et ayant ensuite examiné de nouveau le cadavre qui était déposé dans une chambre de la Mairie de FRONTENAY, nous avons constaté que le signalement établi dans la carte de sureté dont s’agit est parfaitement ressemblant au dit cadavre dont il suit que cet individu connu sous le nom de BOURGUIGNON, est bien réellement celui porté en la dite carte sous le nom de Jean SALLE, profession de mineur, âgé de cinquante et un ans, forçat libéré, natif d’AUXERRE, département de l’Yonne.

Et attendu tous les renseignements ci-dessus établis, nous déclarons qu’il n’y a aucun empêchement à ce que le corps de l’individu dont s’agit, soit inhumé dans la commune de FRONTENAY dans le délai voulu par la loi et que cet effet, signé du présent, sera en conformité de l’article 82 du code NAPOLEON par nous adressé de suite, à l’Officier de l’Etat Civil de la dite commune ainsi que la carte de sureté dont s’agit.

De tout ce que dessus nous avons rédigé le présent Procès Verbal à FRONTENAY à la Mairie les jours mois et an susdits. sur les onze heures du matin et ont, les dits Sieur MOUNIER et le Greffier, signé avec nous après lecture, ainsi signé à la minute.

  

Une exécution à FRONTENAY en 1812

On lit dans les registres paroissiaux de l’église de FRONTENAY l’acte de sépulture suivant :

L’an mil huit cent douze et le vingt deuxième jour du mois de mai a été inhumé dans le cimetière de cette paroisse le corps d’Arnaud IZABEL, âgé de … soldat du … décédé d’aujourd’hui ayant passé par les armes pour avoir déserté, par son propre corps en passant par cette commune pour aller à NIORT. Vu l’autorisation du maire de FRONTENAY en date de ce jour et signée LAIDIN LABOUTERIE. A son enterrement ont assistés, René NOURRISSON, Paul NAUD et un grand nombre d’habitants qui ont déclaré ne savoir signer de ce enquis et interpellés. On n’a point pu donner aucune connaissance sur les parents et son lieu de naissance ce par qu’on ne le sait point.

signé : G. ROUGET, curé de FRONTENAY

Le registre de la mairie, qui ne mentionne pas le motif du décès, donne les précisions qui manquent au registre de paroisse. IZABEL était soldat au Régiment de l’Ile de Ré, deuxième bataillon, cinquième Compagnie, il était âgé de 23 ans, 8 mois et 14 jours, né à BASTENO, canton d’AMOU (Landes) ; il était fils de Jean IZABE et de Françoise MAUREY.

 

Découverte en Janvier 1934 du Squelette de Sart

Les cantonniers qui travaillaient sur le chemin de Sart à SANSAIS, découvrirent un squelette humain, le samedi 20 janvier 1934. Pour approfondir le fossé gauche de la montée des Arçonnettes, il fallut donner une certaine pente à la paroi bordant le champ à grignoter quelque peu le terrain de Monsieur BEILLEVERT. C’est en faisant ce travail que les ouvriers mirent jour des ossements qui étaient tout au plus à 30 centimètres de profondeur.

Une pierre plate, non taillée, du pays, recouvrait la tête et le sommet de la poitrine de ce squelette qui était orienté d’Ouest en Est, selon la coutume chrétienne. Ses bras étaient étendus le long du corps et, à ses mâchoires intactes, il ne manquait qu’une dent. Les fragments des os du bassin appartenait à un homme qui était d’âge mur, comme le prouvent la dimension du thorax et la grosseur des autres os.

A part la visite des gendarmes, il n’y eut pas d’expertise légale ; aussi, les gens à imagination désordonnée et fertile eurent-ils eu le champ libre pour lancer les histoires les plus… saugrenue. Certains même parlaient d’alerter la police mobile d’ANGERS !!!

En réalité, ce squelette, dont les os se brisaient facilement et s’effritaient en quelques parties, au simple toucher, avait dû séjourner depuis plusieurs siècles dans cet endroits.

Est-ce le corps d’un homme victime d’un accident, qui a été inhumé sur le lieu où il a rendu l’âme ? Ou bien est-ce dans une rencontre de partisans, comme il y en eut tant jadis dans notre région, que cet homme a été occis ? Pour quelle raison ce corps n’a-t-il pas été porté au cimetière, qui entourait alors l’église de FRONTENAY ? Etait-ce au moment où la place, menacée ou assiégée, ne pouvait ouvrir ses portes ?

Y avait-t-il enfin corrélation entre ce squelette et l’épée du XVème siècle, trouvée à une cinquantaine de mètres de là par Monsieur Elie MOUILLIER (décédé en 1932), qui creusait un fossé sur sa propriété, le long du chemin du champ Fiard ? Près de cette épée nue, très oxydée, il y avait quatre fers de cheval, mais aucun ossement, ni d’homme, ni d’animal.

 

Le cyclone du 22 février 1935

Le matin du vendredi 22 février 1935, une chute subite du baromètre marquait 726 . De midi à 16 heures, des rafales commencèrent à faire voler des ardoises du clocher et une accalmie se produit jusqu’à 20 heures 30. Le vent reprit alors avec violence et à 21 heures 15, l’électricité s’éteignit pour huit jours.

Jusqu’au matin du 23 à 4 heures 15, de violentes tornades bouleversèrent les toitures, semant les tuiles avec fracas, arrachant les « galoubiers » (fenêtres à tabatière), renversant les tuyaux de cheminées, brisant et déracinant les arbres pendant que la pluie tombait à torrents et que, par les joints des portes et des fenêtres, le vent exhalait des sifflements sinistres er lugubres qui faisaient trembler d’épouvante les plus hardis.

Au jour, la grande route était impraticable.  De gros arbres y étaient couchés : l’un d’eux, à l’Aumônerie, avait endommagé la maison de Madame BERNARD ; des deux épicéas du Calvaire, l’un barrait le chemin de SANSAIS et l’autre était couché sur la grande route ; seize arbres du Logis furent arrachés ; Il y en avait soixante  à la villa Ninette, à Bassée. De l’Ile à la Broute, c’est un abatis déplorable ; à Fougerit, beaucoup d’arbres fruitiers ont particulièrement souffert.

Et il n’y avait pas que FRONTENAY d’atteint. Ce terrible cyclone avait, en effet, ravagé tout l’Ouest de la France.

 

  


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